EN CAS D'URGENCE

Inauguration de La Maison des femmes Marseille Provence

La Maison des femmes Marseille a été inaugurée vendredi 24 janvier 2025 en présence du ministre de la santé et de l’accès aux soins, Yannick Neuder et de toutes les bonnes fées qui ont entouré la naissance de La Maison des femmes Marseille Provence : La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Département des Bouches-du-Rhône, la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Ville de Marseille, l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur et les services de l’Etat représenté par le préfet de région, parfaite illustration de cette « complémentarité » et de cette « territorialisation des décisions » en matière de santé qu’appelle de ses voeux le ministre, qui effectuait avec cette inauguration son premier déplacement en région PACA et à Marseille en particulier. 

Tout nouveau ministre mais lui aussi médecin (cardiologue), Yannick Neuder s’est félicité de la création d’un lieu où une consultation « peut durer plusieurs heures » , d’une structure apte à faire face « à la complexité des parcours des femmes victimes de violences ».

Après avoir sacrifié au protocole – une plaque a été dévoilée à l’entrée- et avant l’exercice traditionnel des discours, ces visiteurs d’un jour sont partis à la découverte de la Maison et de ces 460 mètres carrés, l’exiguïté des escaliers autant que les présentations des cinq fondatrices repérables à leurs blouses blanches transformant l’exercice en un moment chaleureux.

Rappelant les prémices de la création de La Maison des femmes, François Crémieux a tenu à rendre hommage à « cette incroyable équipe de La Maison des Femmes Marseille Provence » et particulièrement à sa chef de service, Florence Bretelle, pour son « énergie, son enthousiasme et sa détermination » à faire en sorte « que les planètes s’alignent aux plans médical, paramédical, logistique » pour que s’ouvre la Maison. Face aux milliers de plaintes déposées à Marseille pour violences conjugales, le directeur général de l’AP-HM s’est félicité de l’engagement du procureur Nicolas Bessone, présent lors de cette inauguration, des membres du Barreau de Marseille, de la préfecture de Police et du bataillon des marins-pompiers « souvent les premiers sur les lieux » des drames, rappelant que l’AP-HM avait contribué à la signature d’une convention santé-sécurité-justice pour resserrer les liens entre les institutions en charge. Insistant sur la nécessité d’accroître l’information en direction des victimes et celle d’une meilleure prévention, François Crémieux a également cité le réseau des sentinelles (25 à ce jour), affectées au service des urgences et chargées de «détecter les non-dits et les silences» des femmes victimes de violences.

Un constat plus que partagé par le Professeur Florence Bretelle, chef de service de la MDF, qui a assuré vouloir mettre « la prévention en premier », citant les actions d’éducation et de prévention « en milieu scolaire, universitaire professionnel et en cette d’hébergement ou en milieu festif » d’ores et déjà engagées. Pointant, à l’actif de La Maison des femmes, « 7500 consultations réalisées en trois ans, une file active de 760 femmes, âgées de 16 à 70 ans, originaires de 45 pays et issues de toutes les classes sociales », Florence Bretelle a aussi souligné le chemin qui reste à parcourir, rappelant « qu’un tiers des femmes qui prennent contact ne viennent pas ». Au nom de ses 20 professionnels et ses 30 bénévoles, elle a adressé « sa profonde reconnaissance aux mécènes », publics et privés, qui ont accompagné cette création et continuent de le faire.

Parmi ces mécènes, la Fondation Kering, « compagne de route » de toutes les Maisons des femmes depuis sa rencontre avec Ghada Hatem et la création de La Maison des femmes de Saint-Denis, et membre du Club des mécènes Restart, figure au premier rang des entreprises et des fondations qui ont apporté leur soutien financier. Céline Bonnaire, déléguée générale de la Fondation – totalement dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes avec le soutien à 15 maisons des femmes aux côtés des pouvoirs publics- a vanté « un concept global et de qualité qui a amplement prouvé son impact »

« Sanctuaire », « refuge », « espace d’espoir », chacun des intervenants a rivalisé de mots pour décrire La Maison des femmes Marseille Provence. Aux yeux de Michèle Rubirola, première adjointe de la ville de Marseille « elle  est une déclaration de combat et de solidarité ancrée dans l’ADN de Marseille » tandis que la Région Sud, représentée par Aurore Bruna, y voit « une réponse concrète pour les 270 000 victimes de violences au sein du couple en 2023 ». Rappelant l’implication financière de la Région,  Aurore Bruna a salué « le formidable travail déjà accompli dans des locaux provisoires. Ici vous ferez des miracles ! »

Avec chaleur, la présidente de la métropole d’Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal, a rappelé sa première rencontre avec Florence Bretelle et Hélène Heckenroth, qui lui avaient exposé les besoins d’une structure de soins totalement dédiée aux femmes victimes de violences. « Cela m’a bouleversé », a lancé celle qui, au nom du département, a mis à disposition cette maison, tout proche de l’hôpital comme l’exigeait le projet. En tant qu’élue, elle n’a pas caché son émotion de voir le projet abouti : « quand on décide quelque chose et quand on arrive à sa réalisation, c’est un grand bonheur ».

Crédit photos : AP-HM