EN CAS D'URGENCE

Comment aider une amie victime de violences?

Donneuses de leçon s’abstenir ! Une écoute attentive, sans jugement, sans conseils précipités, est essentielle. Un premier pas consiste à savoir faire la différence entre “conflit” qui peut parfois passer par un mode de communication violent et “violence” qui peut se traduire par une atteinte à l’intégrité physique mais pas seulement. Vivre en position de contrôle par une autre personne, subir son emprise, avoir peur, être dominée dans une relation inégalitaire sont des caractéristiques de violences.

Comment aider une amie victime de violences? Cette question a été au cœur d’un échange organisé le 24 novembre par La Maison des femmes, dans l’intérieur boisé et intimiste de Dérive, un bar à côté de la plage des Catalans. 

Les femmes – et les hommes ! – doivent s’équiper pour être capables d’aider à agir dans de telles circonstances, pour contrer aussi la banalisation et le déni qui entourent encore trop souvent les violences faites aux femmes, comme l’ont rappelé Anaïs Nuttall, gynécologue co-fondatrice de La Maison des femmes  et Bérénice Wateau, en charge de la prévention, en répondant aux nombreuses questions de la trentaine de personnes présentes.

Une fois la violence caractérisée, une autre étape est d’aider la femme victime à inverser les mécanismes de la violence que sont notamment l’isolement, la dévalorisation de soi et la culpabilité et qui se retrouvent dans presque toutes les histoires de violences faites aux femmes. 

Inverser, c’est assurer à son amie qu’elle a eu raison de se confier (« je te crois »; « tu as bien fait de m’en parler »), qu’elle n’est coupable de rien (« tu n’y es pour rien, c’est lui le coupable ») et surtout que des solutions existent pour faire cesser ces violences (« la loi l’interdit » et « je peux t’aider ») et cesser d’assurer l’impunité à l’agresseur. Cinq phrases banales mais importantes, répétées par les intervenantes, et même chantées par le chanteur Ben Mazué sur son titre “Tous tes amis l’adorent”, 

Après 1 h 30 de questions réponses, une chose est sûre : pour aider une amie victime de violences, il n’y a pas de réponses toutes faites. Mais des « faisceaux d’indices » et surtout de vrais points d’appui (en particulier les soignants) pour aller vers une prise de conscience et briser cette relation. Et la première des aides c’est d’être là, de ne pas la laisser s’isoler. 

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